Pour aller encore plus loin dans le tri des déchets
Les Belges font partie des meilleurs élèves européens en matière de tri des déchets : joli constat. Mais qui ne se demande pas régulièrement si les coquilles d’œufs et les capsules de café peuvent aller dans les déchets organiques, si la plaquette vide de Dafalgan va dans le sac bleu (c’est quand même du plastique et du métal ?) ou si la boîte à pizza ‘presque propre’ est admise dans les papiers/cartons ?
Nous sommes majoritairement de bonne volonté mais il y a encore des zones d’ombre. Certains déchets nous font hésiter et c’est normal : les consignes évoluent et nos habitudes sont parfois difficiles à changer. Il arrive aussi de trouver des infos contradictoires ou de se rendre compte qu’on croyait bien faire mais que ce n’était pas tout à fait le cas.

J’ai lu récemment dans deux sources différentes que les sachets de chips sont composés de deux matières (plastique/alu) et donc non-recyclables. Parce qu’en fait c’est ça LE critère : dès qu’un objet est composé de plusieurs matières indissociables, il n’est pas recyclable, puisque chaque matière a son propre processus de recyclage. Mais qu’en est-il du sachet de chips alors ?
Un peu plus tard en préparant cet article, j’ai lu sur le site de Fost Plus – la référence en la matière pour la Belgique – qu’il n’en est rien : malgré les apparences, le sachet de chips n’est que plastique et peut donc être jeté dans le sac bleu (il porte d’ailleurs souvent ce logo). Depuis 2022, les sachets et films d’emballage sont acceptés dans les PMC parce qu’ils sont considérés comme emballages plastiques souples. Fost Plus cite explicitement les films, sacs et sachets. Ceci est valable en Belgique, la France donne d’autres consignes.

Sur Trionsmieux.be, le site de Fost Plus dédié au tri des déchets, un outil de recherche permet de trouver (presque) tous les objets jetables et renseigne sur la manière de s’en débarrasser. Toujours selon Fost Plus, la Belgique recycle environ 95 % des emballages ménagers et la règle la plus simple reste : si c’est un emballage, ça va souvent dans le sac bleu… sauf quelques faux amis.

À découvrir aussi le ‘shazam du recyclage’ : l’application pour smartphone Looping, hyper complète et qui facilite le tri des déchets (infos également disponibles sur le site https://looping.green/fr-be). Vous y trouverez en outre des tas de conseils tant pratiques qu’écologiques et économiques, sur le tri des déchets mais aussi sur les manières de réparer des objets pour leur donner une deuxième vie. Seul bémol, il faut accepter les conditions générales d’utilisation, dont le partage d’infos avec des partenaires…
Ces déchets qui nous font hésiter…
1) Les plaquettes de médicaments (ou blisters) :
- plaquette vide = déchets résiduels parce que composée d’aluminium et de plastique collés et impossible à séparer
- boîte et notice = papiers/cartons
- médicaments restants = à remettre en pharmacie (précisions à ce sujet en fin d’article)
2) Le pot de yaourt en plastique :
- sac PMC
- ne pas les empiler, cela empêche le tri par air comprimé
- séparer l’opercule du pot avant de les jeter tous les deux dans le sac bleu. N’étant pas faits de la même matière, les laisser ensemble empêche leur recyclage
- s’il est entouré d’un carton, les séparer : chacun son sac !
3) La boîte à pizza : on la déchire ! Partie propre avec les papiers/cartons, partie grasse avec le fromage collé : résiduels.
4) Les capsules de café : selon le type
- aluminium = souvent PMC (à vérifier sur l’emballage)
- dosettes souples (filtre en papier) = biodégradables, elles peuvent aller au compost (idéalement coupées ou déchirées en deux) ou avec les déchets organiques. Idem pour le filtre traditionnel et le marc de café
- certaines capsules de marque peuvent être ramenées à un point de collecte spécifique
5) Les coquilles d’œufs sont 100% biodégradables, elles vont au compost ou avec les déchets organiques.
6) Le tube de dentifrice vide et la crème solaire de l’année dernière
En tant qu’emballage plastique (ou parfois métallique), les tubes ayant contenu un produit de soin peuvent aller dans le sac bleu. Mais uniquement s’ils sont vides. La crème solaire, en particulier si elle est périmée, peut en effet contaminer le recyclage. S’il reste de la crème dans le tube ou le flacon, videz-le dans le sac des résiduels, éventuellement dans un papier absorbant, avant de le jeter dans le sac bleu. Si vous n’avez pas la patience de vider le tube, jetez-le alors dans les résiduels, pas dans le sac bleu.
7) Toutes les huiles sont à amener au recyparc, qu’elles soient culinaires, pour moteur ou autre.
8) Que faire d’une enveloppe à fenêtre ? Même si on n’en reçoit plus beaucoup, la question se pose de temps en temps. Et la réponse est qu’il n’est pas nécessaire d’enlever la partie transparente avant de jeter l’enveloppe avec les papiers/cartons.
Quelques astuces pour transformer nos bonnes vieilles habitudes en automatismes sains :
- une mini poubelle “à vérifier plus tard” facile d’accès (pas trop grande, sinon on a tendance à ne pas la vider) qui nous évite de jeter les choses dans les résiduels pour gagner du temps
- afficher des consignes de tri dans la buanderie, le garage, sur la face intérieure d’une armoire de cuisine, en faire des dessins si vous avez de jeunes enfants, …
- pourquoi ne pas coller le QR code de Fost Plus sur le frigo ?
- et toute trouvaille qui va vous permettre, à vous personnellement, de ne pas devoir réfléchir à chaque geste, d’acquérir les bons réflexes ET de les transmettre au reste de la famille.
En conclusion
Trier les déchets, ça fait aussi partie de l’organisation de notre quotidien et même si on n’est pas militant·e écolo fervent·e, on ne peut pas nier qu’il est grand temps de s’y mettre sérieusement. Les Belges trient déjà très bien et c’est une vraie force collective. Mais on a beau être les champions du tri, on peut toujours mieux faire. Les grossistes commencent eux aussi à faire plus attention aux emballages, ce qui rend le tri plus simple et souvent moins encombrant.
Finalement, mieux trier, c’est adapter ses automatismes pour alléger son quotidien, réduire ses déchets résiduels et poser, chaque jour, un geste un peu plus juste. Tous ces petits gestes peuvent paraître anodins mais quand ils sont répétés chaque jour par des milliers de foyers, ils font une vraie différence.
Précisions spécifiques pour les médicaments
Les médicaments non utilisés doivent être ramenés à la pharmacie. On ne peut les jeter ni dans la poubelle, ni dans l’évier, ni dans les toilettes et leur place n’est pas non plus au recyparc.

La pharmacie reprend :
Les médicaments sans la boîte et la notice.
- les comprimés et gélules, dans leur plaquette
- les restes de pommades, dans leur tube
- les restes de sprays et d’aérosols, de sirops, de gouttes nasales et oculaires
- les médicaments liquides ainsi que les patches non utilisés
Elle ne reprend pas :
- les bouteilles en verre vides : c’est pour la bulle à verre ou la collecte sélective du verre
- les seringues : conteneurs à seringue (vendus en pharmacie) et au recyparc.
- les emballages en carton et notices : au recyparc ou collecte sélective du papier
- les bouteilles en plastique vides : dans le sac PMC bleu
- les blisters et emballages en plastique vides : résiduels
- les cosmétiques : résiduels
- une bombe de laque vide : PMC. Pas vide : au recyparc (produits dangereux)
- les résidus de produits chimiques : au recyparc
- les radiographies : au recyparc (emplacement dédié), certains hôpitaux
